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Pipe bands et bagadoù

avantaprès

Le jeu de la cornemuse dans le contexte militaire n'est pas une pratique complètement inconnue, mais reste très occasionnel et n'est pas organisé comme dans le cas de l'armée britannique, encore que celle-ci ne la connaît que depuis le milieu du XIXe siècle. On possède par exemple des témoignages sur la présence de cornemuseurs bretons pendant la guerre de 1870 et sur le front pendant la première guerre mondiale, notamment un couple de sonneur qui a été rendu célèbre pour avoir fait la une du journal l'Illustration en 1915.

Instauration du bagpipe écossais dans l'armée britannique

Avant 1850, il n'existe pas en Ecosse de pipe bands, cet ensemble de cornemuses et de grosses caisses de tradition militaire. La cornemuse traditionnelle est le piob mohr et son répertoire très complexe, le piobaireachd (prononcer pibroch) a été fixé au XVIIe s. par Mac Crimmon, un célèbre joueur des Hébrides. Instrument très répandu en Ecosse, des documents attestent par exemple qu'un cornemuseur était attaché à un chef de clan ou à une bourgade pour jouer dans les cérémonies ou pour le couvre feu. Il est donc normal qu'il y ait eu des joueurs de pibroch dans le cadre militaire pratiquant pour leur loisir et celui des chefs militaires mais aussi à la guerre pour encourager les soldats. Peu à peu la pratique s'est formalisée et les military pipe bands seraient nés en 1854, dans le régiment d'Ecossais de l'armée britannique, d'où le nom de Highland bagpipe que prendra la cornemuse. Le premier pipe band se traduit par la réunion de 6 musiciens rétribués par le gouvernement britannique, jouant dans le cadre militaire. Les pipe bands ont été exportés dans tous les pays de l'Empire colonial britannique et au Proche-Orient et on les trouve aujourd'hui dans certains régiments indiens, mais aussi en Palestine, en Jordanie... En Grande-Bretagne, ces formations deviendront civiles après 1914.

Arrivée des pipe bands sur le continent

C'est un peu avant la deuxième guerre mondiale que les Bretons adoptent le Highland bagpipe, la cornemuse écossaise. Appelé biniou bras (grand biniou) pour le différencier du biniou proprement dit, auquel s'ajouta dès lors l'adjectif kozh (vieux), il commence à se jouer dans les groupes folkloriques avec la bombarde, mais aussi, selon le modèle militaire britannique, en bande appelée bagad (au pluriel bagadoù), dans les années suivantes. Il existe de nos jours environ 300 bagadoù qui participent régulièrement à des rencontres et des concours ce qui leur permet d'évoluer dans différentes catégories (un peu comme les "divisions" des footballeurs...). Ces dernières années, conformément à l'évolution de la société, les femmes sont admises à tous les postes de jeu, cornemuses, bombardes ou percussion. En 1952, la marine nationale rend officielle la pratique du bagad et crée le Bagad de Lann-Bihoué du nom de la base navale près de Lorient. Depuis la fin de la conscription en 2001, les femmes peuvent l'intégrer. Sa mission est de témoigner, en France et à l'étranger, de la qualité de la musique de la Marine nationale à travers la richesse du "patrimoine culturel celtique", selon leurs propres termes.

 
Juin 2007 © MuCEM (tous droits réservés)