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Démarche

En 2005, le musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (ancien musée national des Arts et Traditions populaires), qui possédait déjà de nombreuses cornemuses françaises, a fait entrer dans ses collections cinq nouveaux instruments venant d'Espagne, de Hongrie, d'Irlande et de Tunisie. L'année suivante, il a reçu en dépôt les quatorze cornemuses européennes du Musée de l'Homme, arrivées avec l'ensemble des collections du département d'Europe de cette institution. Dès lors, il a été envisagé de faire un site pour valoriser l'ensemble de ces instruments et les ressources qui s'y attachent : photographies et documents iconographiques, films et vidéos, enregistrements sonores et autres archives. Conservées au musée, celles-ci sont pour la plupart issues d'enquêtes ethnologiques réalisées dans le cadre de l'acquisition des instruments.

Ce site, mis en ligne en juin 2007, est une invitation à venir découvrir les collections puisqu'elles ne peuvent pas toutes être exposées et encore moins jouées, au risque de les détériorer. C'est donc une invitation lancée notamment aux  facteurs de cornemuses afin qu'ils en fassent des relevés, puis éventuellement, des copies. En étant observées de près par des spécialistes, nos connaissances musicales et organologiques à leur sujet pourront ainsi progresser.

Plutôt que de se limiter à un catalogue en ligne de nos collections et des informations qui s'y rattachent, il a été décidé de les présenter dans un contexte plus large afin d'apporter aux internautes des connaissances sur ce type d'instrument qui, on ne le sait pas toujours, existe dans une zone très vaste. Cela dit, il ne s'agit pas vraiment d'un site sur les cornemuses en général, mais bien d'un site sur les cornemuses du MuCEM (d'où le titre) replacées dans un contexte plus large, et, même si ces pages sont riches de divers documents, ceux que le musée conserve ont été choisis en priorité. Nombre d'entre eux étaient d'ailleurs jusque-là inédits.

Le plan pour lequel nous avons opté évoque l'instrument sous plusieurs aspects.

Tout d'abord, il a paru indispensable de présenter la cornemuse, cet instrument "pluriel" car tellement différent d'un spécimen à l'autre : comment fonctionne-t-il ? où en trouve-t-on ? comment le fabrique-t-on ? quelles sont certaines de ses caractéristiques musicales ?

Ensuite, nous avons voulu montrer à travers quelques documents iconographiques que la cornemuse et son joueur se prêtent de tous temps (et cela continue de nos jours) à toute sorte de représentations figurées générant des "clichés" parfois bien éloignés de la réalité de la pratique mais qui sont intéressants car ils nous apprennent comment l'instrument, sa musique et son joueur sont perçus socialement.

La troisième partie présente la cornemuse contemporaine et montre comment elle puise aux sources du passé, parfois mythifié, pour construire aujourd'hui différentes identités choisies. Précisons que si les musiques dites celtiques sont largement évoquées, c'est parce que nous avons nous-même pu travailler cet aspect. De même, si la cabrette en Aubrac est un peu plus présente, c'est que nos prédécesseurs ont enquêté sur l'instrument d'une manière plus approfondie. Ce travail s'appuie avant tout, on l'a dit, sur les travaux des chercheurs du musée, et utilise prioritairement leurs archives documentaires.

Enfin, la dernière partie constitue le catalogue proprement dit des cornemuses du musée. Les informations que nous possédons sur chacun de ces objets dans leur singularité sont parfois inégales, la mémoire se perdant souvent dans leur transmission, ou bien parce que l'objet populaire est parfois vu par certains collecteurs comme le témoin de pratiques communes plutôt que comme un objet singulier.

Nous sommes conscients du fait que l'objectif qui a été le nôtre – donner le plus d'informations possible pour "contextualiser" nos collections, entraîne le risque de véhiculer certaines inexactitudes. Ainsi, par exemple, dépassant le souhait de localiser nos seuls instruments, l'idée d'une carte géographique la plus exhaustive possible, avec des points d'entrée pour présenter chaque cornemuse, s'est vite imposée. En essayant de retrouver dans chaque pays, la ou les cornemuses que l'on y joue, nous souhaitions montrer combien, contrairement aux idées reçues, elles sont restées vivantes dans les pratiques actuelles et combien elles sont répandues. N'ayant pas tous les documents à notre disposition, nous avons fait appel à la collaboration de nombreuses personnes et institutions, en France et à l'étranger, qui nous ont généreusement donné une photographie et un enregistrement sonore. Pour rédiger les notices accompagnant ces documents nous n'avons pas, bien évidemment, mené de recherches dans chaque pays ou région concernée. Nous avons consulté diverses sources d'information (livres, revues, livrets de CD, sites internet), souvent rédigées dans des langues étrangères; et nous avons pu nous méprendre quant aux informations données. Ajoutons aussi que, dû à nos propres lacunes ou à la difficulté parfois d'établir des liens (notamment en raison de la barrière des langues), certaines cornemuses nous ont échappé. Nous serons heureux à l'avenir de pouvoir faire évoluer cette carte.

Certains pourront déplorer aussi la différence de qualité technique entre les documents présentés. Qu'importe, ils ont tous un très grand intérêt car les personnes qui nous les ont communiqués sont les meilleurs connaisseurs de l'instrument dont ils ont une connaissance directe et "vécue" ; il y a aussi le fait que nous-même qui les avons produits, quand c'est le cas, ne sommes pas des techniciens hors-pair ! Tous sont en tout cas d'une grande lisibilité pour ce qu'ils ont à signifier, et c'est bien ce critère qui nous a amené à les retenir.

En règle générale, pour l'ensemble des pages, ce site n'aurait pas pu être réalisé sans l'aide de nombreuses personnes que nous remercions. C'est grâce à cette collaboration fructueuse que nous pouvons présenter au fil des pages-écran un ensemble bien plus riche que ce que nos collections, pourtant variées, auraient permis de présenter. Aussi, nous tenons à préciser que les informations données dans ce site n'engagent que leurs auteurs et non les personnes citées en bibliographie ou les celles mentionnées en crédit, qui ne doivent être tenues pour responsables des erreurs que l'on aurait laissées. Les propositions d'enrichissement et de correction que les lecteurs pourront nous adresser seront reçues avec intérêt.

Pour terminer, quelques remarques de nature plus "typographique". Les termes vernaculaires, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas français mais empruntés à une langue étrangère ou aux langues régionales de France sont en italique (ex. duda, chabrette – même si ce dernier a été francisé par rapport à l'occitan chabreta), hormis le mot "musette" qui correspond à l'ancien terme générique français. La plupart du temps, la graphie retenue pour ces termes est celle du Grove Dictionary for Musical Instruments (Stanley Sadie ed., Oxford University Press, 1980, 3 vol.), comme il est d'usage de le faire dans les publications ethnomusicologiques, ou bien, pour les cornemuses françaises, elle respecte la graphie officielle fixée récemment dans le cas des langues de tradition orale (ainsi on écrira biniou bras et non braz). Enfin, le nom des cornemuses peut être, dans la langue originale, féminin, masculin ou neutre, ce que nous ignorons souvent, de même que sa forme au pluriel. Aussi, nous ne mettons pas de pluriel (sauf exception) et, en l'absence de règles, avons décidé arbitrairement que les noms terminés par une voyelle seraient féminins  (la gajda) et ceux terminés par une consonne, masculins (le ney-e anbān).

Marie-Barbara Le Gonidec
Ethnomusicologue, chargée du département de la musique du musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.
Paris/Marseille, juin 2007.

en page d'accueil du site:
- détail d'un relevé sur calque d'un biniou bras (coll. MuCEM)
- cornemuse hongroise
duda (coll. Néprajzi Múzeum, Budapest)
- Paun Stojanov Kušlev et Emil Čolakov, joueurs de
kaba gajda, Bulgarie, Devin, 1992
- musette Béchonnet (coll. MuCEM)


Mise en ligne: Juillet 2007 © Ministère de la Culture et de la Communication / MuCEM


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