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Glossaire

Ambitus
étendue

C'est l'écart entre les deux notes extrêmes, la plus grave, dite fondamentale et la plus aiguë qu'un l'instrument ou une voix humaine peut produire. Il définit l'étendue de l'instrument : on parle d'un ambitus d'une octave et une quinte (do à sol de l'octave au dessus), deux octaves, etc. Entre les deux extrêmes, se trouvent l'ensemble des notes que l'instrument peut jouer (tons et demi-tons).

Anche double

Elle est formée par deux languettes jumelles de roseau (ou plus rarement, une autre matière végétale voire du plastique) de forme trapézoïdale, légèrement incurvées et plaquées l'une contre l'autre bord à bord, attachées à leur base sur un petit tube de métal que l'on vient placer à l'extrémité du tuyau de jeu. Les deux languettes, en vibrant au passage de l'air, émettent un son. L'anche double équipe le tuyau mélodique ou semi-mélodique de certaines cornemuses, surtout occidentales, et sur certaines zampogne italiennes et sur la musette baroque, équipent aussi les bourdons.
L'anche double détermine l'appartenance au type "hautbois" d'un tuyau de jeu.

Anche simple
anche battante

C'est une petite languette en roseau, sureau, paille, os, tige de plume ... et de nos jours, parfois en plastique, découpée sur un tube (anche idioglotte) ou attachée sur un tube (végétal ou métallique) où a été ôté une surface correspondante (anche hétéroglotte). Celui-ci est placé à l'extrémité d'un tuyau de jeu. La languette vivre au passage de l'air. On l'appelle aussi anche battante car elle bat sur le rebord de l'orifice ouvert sur le tube (à la différence de l'anche dite libre de l'harmonica par ex.). Elle équipe les tuyaux mélodiques de certaines cornemuses (notamment en Europe de l'Est, Méditerranée orientale et Asie occidentale), et en tous cas les tuyaux bourdons (sauf la musette baroque et certaines cornemuses italiennes où il s'agit d'anches doubles).
L'anche simple détermine l'appartenance au type "clarinette" d'un tuyau de jeu).

Bloc mélodique
Voir "pied".



 

Boîtier

Nom donné à la souche qui porte l'ensemble tuyau mélodique/petit bourdon sur certaines cornemuses appelées musettes (notamment en Bresse, Limousin, Nord de l'Auvergne, Nord de la France/Belgique et Aragon), parce qu'elle est souvent en forme de boîte rectangulaire. Pour la cabrette, nom donné au haut du pied (qui se présente sous la forme de quatre boules accolées) et qui vient se loger dans une souche sur le réservoir.

Bourdon rythmique

Désigne pour certains le tuyau parallèle au tuyau mélodique pourvu d'un trou de jeu (sur la boha ou la duda hongroise par ex.). Mais ce terme nous paraît mal approprié car, par définition, un bourdon ne produit pas un rythme mais une note de même hauteur strictement continue. Nous préférons employer le terme de tuyau semi-mélodique.

Chalumeau
hautbois

Appellation courante du tuyau mélodique des cornemuses en France provenant du nom d'un hautbois médiéval, et parce que ce tuyau sur les cornemuses françaises est à anche double (sauf sur la boha). Par extension, certains l'emploient pour désigner le tuyau mélodique d'une cornemuse en général, ce qui  est particulièrement inapproprié quand ce tuyau est muni d'une anche simple.

Cornemuseur
cornemuseux
musettiste
sonneur
ménétrier
piper

Dans le dictionnaire, terme générique qui désigne le joueur de cornemuse. Cornemuseux (qui est aussi dans le dictionnaire) est plutôt un terme vernaculaire, issu des parler traditionnels du milieu rural en Centre France, et il peut être considéré comme péjoratif (car populaire et non littéraire) en dehors de sa zone d'utilisation habituelle, comme violoneux peut être péjoratif par rapport à violoniste. Musettiste est l'ancien terme pour désigner le joueur de cornemuse, avant que le mot cornemuse ne s'impose par rapport à celui de musette pour désigner l'instrument. D'autres termes sont "sonneur" (employé surtout en Bretagne), et "ménétrier", qui est un ancien terme désignant les musiciens appartenant à une confrérie ou corporation reconnue professionnellement, et qui par extention a pu désigner (que cela soit ou non approprié) les joueurs d'instrument à vent du domaine populaire en général. Les termes étrangers ou locaux sont piper en anglais, gajdar en bulgare, gaiteiro en galicien, dudar en tchèque, tsabounistís en grec, cabretaïre en occitan... ils sont la plupart du temps liés, logiquement, au nom de l'instrument.

Coulisse d'accord
tenon

Sur les bourdons en plusieurs pièces assemblées (deux ou trois généralement), il s'agit du tenon (partie saillante dite mâle) d'une pièce donnée qui vient s'ajuster à la suivante (partie femelle) dans laquelle elle peut être plus ou moins enfoncée, permettant ainsi de faire varier la longueur générale du tuyau pour l'accordage de l'instrument.

Doigté

Position des doigts sur les trous de jeu pour obtenir une note ou une ornementation particulière sur une note donnée (correspond en quelque sorte à la tablature pour les instruments à cordes). On parle de doigté ouvert, semi-ouvert ou fermé, et de doigté de fourche selon que l'on bouche ou non plusieurs trous en même temps, ou qu'on en laisse au contraire un seul ouvert pour émettre une note donnée.

Fondamentale

Note la plus grave du tuyau mélodique, tous trous de jeu bouchés. C'est un terme qu'utilisent plutôt les acousticiens.

Gouttière

Sur certaines cornemuses, pièce de bois creusée dans laquelle viennent se loger deux tuyaux de jeu parallèle qu'il s'agisse de tuyaux jumeaux ou d'un tuyau de jeu et d'un tuyau semi-mélodique. Les instruments équipés d'une gouttière se trouvent surtout en Grèce insulaire, dans le Caucase et le Golfe persique, au Rajasthan et dans la région de la Volga. Elle est prolongée ou non par un pavillon (qui dans ce cas est commun aux deux tuyaux).

Instrumentarium

Néologisme forgé par les scientifiques sur une racine latine (et donc mis en italique car considéré comme un terme étranger) pour désigner un ensemble d'instruments de musique non pas au sens d'orchestre ou d'instruments joués en ensemble, mais qui constituent néanmoins un ensemble cohérent. Il s'agit par exemple de l'ensemble des instruments joués dans une culture traditionnelle donnée (l'instrumentarium des Miao, minorité chinoise), ou, en l'occurrence, de l'ensemble de ce dont avaient besoin les cabrettaires parisiens exerçant comme musiciens de bal musette. Dès lors, cela dépasse les seuls instruments et s'étend aux accessoires sonores et vestimentaires de ces cornemuseurs.

Musette

Ancien terme générique français pour cornemuse. Est resté le terme vernaculaire pour désigner la cornemuse en Centre France et dans certaines régions limitrophes, et pour la musette du XVIIIe siècle.

Pavillon

Extrémité d'un tuyau sonore lorsqu'elle est évasée, ou partie évasée rajoutée à un tuyau de jeu (une corne par exemple). Le pavillon a une fonction acoustique (rendre plus brillante la sonorité par ex. mais pas seulement).

Pied

Sur la cabrette, l'ensemble tuyau mélodique/petit bourdon parallèle placé sur une souche commune en forme de boule ce qui permet de retirer les deux tuyaux en même temps pour changer de tonalité (on change de pied). Sur la musette baroque, peut désigner la partie qui produit la mélodie quand il s'agit de deux tuyaux mélodiques parallèles équipés chacun d'une anche double et mis sur une souche commune en forme de boule (on sait que la cabrette auvergnate a été influencée par la musette baroque de ce point de vue). Mais en général, on parle de double chalumeau. Par extension, certains parlent de pied pour désigner le bloc tuyau mélodique/tuyau semi-mélodique sur la boha ou la duda hongroise par ex., voire sur les musettes du Centre, ce qui nous paraît abusif car c'est transposer un terme vernaculaire précis (et valable dans une région donnée pour un instrument donné), à d'autres instruments qui ont localement leur propre nom pour désigner les parties qui les composent. Pour plus de commodité, pour les instruments non français (sauf la boha) on pourra parler pour ces instruments de bloc-mélodique (pour la boha il s'agit du pihet).

Régulateur(s)
regulator(s)

Tuyau(x) semi-mélodique(s) du uilleann pipes irlandais placé(s) sur une souche commune, indépendante de celle du tuyau mélodique et joué(s) avec le poignet de la main droite grâce à des clefs.

Réservoir
poche, sac, outre

Une des parties constituantes de la cornemuse, servant à emmagasiner l'air destiné à alimenter les tuyaux de jeu, et introduit par le joueur par l'intermédiaire d'un tuyau d'insufflation ou d'un soufflet.

Sonneur

Nom utilisé en Bretagne pour désigner les joueurs de biniou et de bombarde (hautbois populaire joué en couple avec le biniou et dans les bagadoù).

Souche
boîtier

Pièce de bois ou autre matériau (corne, plastique), ligaturées au réservoir et à laquelle on accroche les tuyaux. Ces derniers peuvent ainsi être retirés (pour avoir accès à l'anche) sans avoir a démonter la cornemuse. Les souches ne sont démontées que lorsque l'on change le réservoir.

Soufflet

Le réservoir de certaines cornemuses est parfois alimenté par l'intermédiaire d'un soufflet qui fait entrer de l'air ambiant non-humide, à la différence de celui du joueur introduit directement par le tuyau dit d'insufflation (procédé plus fréquent). Il s'attache au bras du joueur, pour être actionné, et à sa taille, pour être maintenu.

Tonalité

Est ainsi exprimée : cornemuse en mi bémol, en ré, en si, etc. Définissant l'identité sonore d'une cornemuse, elle est donnée par la note jouée la plus grave du tuyau mélodique (la fondamentale ou celle du dessus, la tonique)

Trou d'accord
trou acoustique

Trou(s) qui possède(nt) une fonction acoustique (régulation de la sonorité générale) et non pas  mélodique à proprement parler, au sens où les doigts ne s'y posent pas, contrairement aux trous dits "de jeu". Ils sont d'ailleurs la plupart du temps inaccessibles aux doigts de par leur emplacement à la base du tuyau ou placés latéralement. Certains pavillons de bourdons sont occasionnellement percés de petits trous qui possèdent cette fonction acoustique de régulation sonore, mais en général on les trouve essentiellement sur le tuyau mélodique (ils se trouvent aussi sur certaines flûtes).

Tuyau bourdon
bourdon

Tuyau(x) de jeu qui produi(sen)t une seule note, accordable, mais non modulable en cours de jeu, destinée à soutenir la mélodie principale. On trouve en général de 1 à 3 bourdons (entre 5 et 7 pour les musettes baroques), mais certaines cornemuses en sont dépourvues. Ces tuyaux varient donc d'un instrument à l'autre quant à leur nombre, dimension, accord et position sur le réservoir : regroupés ou non sur une même souche ou sur une souche indépendante, parallèle ou non au tuyau mélodique... Ils sont presque toujours équipés d'une anche simple (sauf la musette baroque, certaines zampogne d'Italie, certaines cabrettes, voire certaines gaitas galiciennes où, quand il y a plusieurs bourdons, c'est le chillon qui en est muni). Les bourdons donnent presque toujours une note plus grave que la plus grave du tuyau mélodique, accordée souvent à l'octave par rapport à celui-ci, à la quinte, voire la quarte. Mis à part sur la musette baroque ou la chabrette (voir la fiche du catalogue coll. française, cornemuse n°24, inv. 2000.34.1), les bourdons étant souvent longs (car graves), ils sont généralement faits de deux à trois parties emboîtées ce qui représente un double avantage : permettre de les accorder, grâce à des coulisses d'accord, et de les démonter. Certains peuvent, pour réduire l'encombrement être repliés sur eux-mêmes (voir la cornemuse polonaise dudy wielkopolskie, coll. européennes, n°59). 

Tuyau d'insufflation
tube d'insufflation
porte-vent

Tuyau embouché par le joueur pour remplir d'air le réservoir de la cornemuse. Celui-ci peut être très court ou assez long selon le modèle de la cornemuse, en roseau, os, plastique ou bois. Il est muni d'un clapet, sauf exception rare, pour que l'air ne ressorte pas. L'ancien terme est "porte-vent". On parle aussi de tube pour garder le mot "tuyau" à ceux qui produisent les notes, le mélodique, semi-mélodique(s) et bourdon(s).

Tuyau mélodique
chalumeau
hautbois
chanter

Tuyau servant à produire la mélodie. Il est obligatoirement percé de trous de jeu (avec des clefs parfois qui permettent d'accéder à des trous qui seraient trop bas pour être atteint directement par le petit doigt). Il est muni d'une anche simple ou d'une anche double. Il peut être de perce cylindrique ou conique, avec ou sans pavillon. En anglais, on parle de chanter. Ce terme est parfois utilisé par certains locuteurs français (cela signifie à l'origine "le chanteur"). 

Tuyau semi-
mélodique

Tuyau de jeu la plupart du temps parallèle au tuyau mélodique percé de 1 à 4 (voire 5 trous, en tous cas toujours moins que le tuyau mélodique) et qui sert à accompagner la mélodie principale par une contre-mélodie ou des accords souvent rythmiques (donnés "par à coup" et qui introduisent un rythme particulier). Dans ce dernier cas, il y a souvent un seul trou (comme par ex. sur la boha et la duda hongroise, entre autres). Certains parlent alors de bourdon rythmique, terme qui nous semble peut approprié car un bourdon donne, par définition, une seule note continue pendant toute la durée de la mélodie et ne possède aucun trou de jeu. 

Tuyau(x) de jeu

Il s'agit de l'ensemble des tuyaux de la cornemuse qui produisent un son (modulable ou non) car équipés d'une anche (simple ou double), par opposition au tuyau d'insufflation.

 
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