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Présentation générale

 

La cornemuse est un instrument pluriel. Selon l'endroit où on la trouve, elle n'est jamais la même, et pourtant il s'agit toujours d'une cornemuse, reconnaissable tant par sa forme particulière que par ses sons continus : clarinette ou hautbois à bourdon(s), le sac en peau d'où sortent ses tuyaux sonores et qui gonfle entre les bras de son joueur l'identifie clairement, faisant d'elle un instrument étonnant. Chacune est bien sûr unique et parler de cornemuses revient finalement à évoquer un ensemble riche de variété et de diversité quant à sa forme ou ses dénominations, son potentiel sonore ou ses pratiques musicales.

Un instrument qui couvre toute l'Europe dont il déborde largement

Si l'on devait représenter l'Europe par un instrument, la cornemuse s'imposerait loin devant l'accordéon, la clarinette ou le violon pourtant nés sur ce continent. Encore rare, mais connue à l'époque romaine sous le terme évocateur de utriculus (sous-entendu tibia, soit tuyau à outre, de uter, outre), ­puis omniprésente au Moyen Age, on la trouve aujourd'hui dans toute l'Europe, jusqu'aux confins de l'Oural et du Caucase. Elle est connue aussi en Inde, et ce, avant l'arrivée des Britanniques, dans le golfe persique et sur la rive septentrionale de la Méditerranée. Etant donné son extension géographique qui correspond à toute l'Europe, l'Afrique du Nord pour partie, et, sporadiquement, à l'Asie occidentale, et vu son absence dans les pays extrême-orientaux, d'aucuns penchent en faveur d'une origine indo-européenne de l'instrument. Mais en l'absence de sources historiques ou archéologiques, il s'agit-là d'hypothèses qui restent à confirmer ou à invalider.

Un dénominateur commun aux multiples variantes

Cornemuse est, en français, comme dudy ou bagpipe en polonais ou en anglais, le terme générique utilisé pour désigner un instrument qui se définit dans son principe par un réservoir rempli d'air alimentant un ou plusieurs tuyaux munis d'une anche simple ou double.
Chacune d'elle pourtant, biniou, boha ou chabrette, gajdy ou kozioł, highland bagpipe ou smallpipe... se différencie nettement alors qu'un violon ou une clarinette reste plus stable dans sa forme et sa dénomination, probablement pour des raisons de moindre ancienneté historique. Chaque cornemuse est donc un "marqueur identitaire", intimement lié à une région et à ses traditions, avec ses techniques de fabrication et de décoration particulières qui lui donnent un physique singulier, dotée d'un potentiel sonore et d'un style musical propre.Ici une "chèvre", là un instrument à tête humaine et robe de velours, ailleurs un instrument prestigieux qui étale ses bourdons sur l'épaule de son joueur en habit d'apparat, la cornemuse, en raison de son extrême diversité, se décline toujours au pluriel.


En page d'accueil: montage de différents relevés sur calque, coll. MuCEM

 

 
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