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Présentation générale

Pendant de longs siècles, la cornemuse fait preuve d'un enracinement profond dans les habitudes musicales de différents milieux ce qui contribuera à assurer son maintien jusqu'à l'aube du XXe siècle. Car dès la fin du XIXe siècle, la pratique de la cornemuse commence à se raréfier.

La concurrence des instruments modernes

Pour contrecarrer ce phénomène, certains érudits vont s'y intéresser et militer en faveur de son maintien. L'instrument vivra donc un sursis grâce aux groupes folkloriques qui lui offriront un contexte nouveau, celui de la représentation scénique et le développement de concours entre musiciens, notamment en France. Mais irrémédiablement, les évolutions du goût musical et l'émergence de nouvelles pratiques liées au développement de l'industrie et du monde urbain vont modifier le paysage musical, et l'arrivée d'instruments "modernes" comme l'accordéon ou la clarinette vont lui faire subir une sérieuse concurrence, et ce, dans l'ensemble de l'Europe. En certains endroits, elle finira par disparaître totalement entre les deux grandes guerres, tandis que là où elle parviendra à survivre, elle ne sera plus jouée que par les musiciens les plus âgés sans descendants pour assurer la relève, ou par les groupes folklorique qui la pratiquent d'une manière "conservatrice". L'image qu'elle donne alors dans cet après-guerre tourné vers le développement urbain est celle d'un instrument rural appartenant à d'un temps révolu.

Une nouvelle vie

Toujours est-il que quelque soit l'image qui s'attache à elle, un instrument qui renvoie au passé et à ses valeurs, un instrument identitaire qui représente autant de microcosmes régionaux et leur diversité culturelle, ou tout simplement un instrument au potentiel et à l'esthétique sonores intéressants, la cornemuse va connaître une nouvelle vie, et après une longue période critique, les années 1970 vont remette l'instrument à la mode.
La relance de l'instrument est remarquable aujourd'hui, et dépasse largement le mécanisme de la quête des racines identitaires qui s'exprime, entre autres, à travers la vague celtique. Quelqu'en soit les motifs, le renouveau de la cornemuse se traduit autant dans le domaine des musiques de scène que dans l'effervescence des pratiques amateurs, soutenues à différents degrés en France par l'intervention publique, notamment par l'ouverture de classes et de conservatoires de musiques traditionnelles, mais aussi ailleurs en Europe.

En page d'accueil: montage photographique - le dernier joueur de sackpipä Gudmunds Nils Larson (1890-1949) entre Rino Rotevatn et Stefan Kayat (Suède, 2006) 

 
Juin 2007 © MuCEM (tous droits réservés)