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Texte

Un nouvel intérêt pour les traditions populaires

L'intérêt pour les musiques populaires éclot bien avant les années 1970. Dès le début du XIXe siècle, les traditions, et en particulier les langues, sont vues comme l'expression authentique et légitime des peuples soumis à un pouvoir centralisateur culturellement étranger : français en Bretagne, anglais en Ecosse et Irlande, madrilène en Galice, austro-hongrois à l'Est, ottoman dans les Balkans...

Le Romantisme

En cette époque peu urbanisée, populaire rime avec rural, un monde où s'est repliée la cornemuse depuis que la musique savante l'a mise de côté à la fin de la période baroque, comme d'autres instruments d'ailleurs. En Occident ce monde rural et ses traditions vont faire l'objet d'un fort engouement auprès de l'élite littéraire qui y cherche de nouvelles sources d'inspiration comme le montre Les Maîtres sonneurs, le roman de Georges Sand paru en 1853 et qui raconte le parcours initiatique d'un jeune joueur de musette berrichon. A l'Est, la passion pour la littérature orale populaire qui souffle avec le Romantisme ira plutôt nourrir les revendications nationales.

Création du mot folklore

Peu à peu, l'ensemble des traditions et des savoirs populaires, et non plus la seule littérature orale va devenir objet d'intérêt, qui évoluera du milieu artistique vers le milieu scientifique. Le terme "folklore" est forgé en 1846, par l'anglais Thoms à partir des mots allemands volk (peuple) et lore (savoir traditionnels). A cette époque, le folklore est autant l'ensemble des savoir-faire traditionnels élaborés par le peuple que la science qui les étudie, et les folkloristes sont les savants et des érudits locaux qui se consacrent à cette discipline que plus tard on appellera ethnographie, puis ethnologie. Dans ce domaine, le folklore musical se met en place comme une discipline à part car elle nécessite une solide formation de musicien. Il deviendra plus tard l'ethnomusicologie.

 
Juin 2007 © MuCEM (tous droits réservés)